Treize, d’Irina Teodorescu, aux éditions Emue

Aujourd’hui, j’ai lu Treize d’Irina Teodorescu, recueil de nouvelles paru chez Emue, toute jeune maison d’édition qui allie le numérique et le papier et qui s’attaque au genre difficile de la nouvelle. Genre peu plébiscité en France mais qui connait ses lettres de noblesse à l’étranger, notamment dans les pays anglo-saxons.

Bienvenue dans le monde virevoltant et plein de fraicheur d’Irina Teodorescu…

Irina Teodorescu

Irina Teodorescu

« Roumaine installée en France depuis une douzaine d’années, Irina est graphiste au sein de sa propre agence de communication à Paris.

Je suis née à Bucarest en 1979, où j’ai vécu jusqu’en 1999. Entre ces deux dates, j’ai eu une grosse déception lorsque j’ai dû interrompre brusquement, en décembre 1989, une colonie de vacances au ski à cause de la révolution qui venait d’éclater… Un an plus tard, j’ai créé “Fantastico”, le premier magazine roumain pour enfants écrit par des enfants. J’ai toujours aimé écrire, mais à 16 ans j’ai obtenu (par hasard) un stage de peinture murale et, après avoir passé l’été à mélanger des pigments, j’ai décidé que je préférais la peinture. Je me suis ainsi lancée dans les arts visuels, au grand désespoir de mes proches, notamment de mon grand-père qui, du coup, ne m’a plus adressé la parole jusqu’à la fin de sa vie. Aujourd’hui, c’est à dire 15 ans après, je reviens à la plume. J’ai eu comme une envie soudaine de tout remettre à plat ! L’écriture m’est apparue comme le meilleur moyen pour cela, une fée lumineuse au milieu de tout le désordre que ma vie était devenue… »

(Présentation de l’auteur et photo piochées sur le site d’Emue, merci)

Treize courtes nouvelles (qui portent toutes le nom de leurs personnages, à la manière d’une galerie de portraits un peu mystiques), treize comme ce chiffre porte-bonheur ou porte-malheur c’est selon, treize histoires qui ont l’air de passer en coups de vent mais qui restent – pour certaines – ancrées dans les esprits.

Je ne les ai pas toutes aimées ces histoires. C’est normal, ça serait trop facile. Comme si je lisais treize bouquins à la suite et que je les appréciais tous autant les uns que les autres. Ca ne m’est jamais arrivé.

En fait, plus que les histoires, j’aime l’atmosphère et le style de certaines (Martine, Dorota par exemple) qui sentent le velours élimé et les tasses en porcelaine, dans l’antre des peintres et des écrivains du siècle dernier (avant-dernier). Ca frôle le coquin – mais pas bien méchant – et l’impertinence d’héroïnes peut-être moins innocentes qu’elles n’en n’ont l’air… Peut-être parce que je suis amie et colocataire avec une conteuse (de contes coquins qui plus est), alors je trouve les chutes de certaines de ces nouvelles somme toute assez prévisibles. Mais ce n’est finalement pas un inconvénient. On s’attend à la chute mais on apprécie de tomber avec elle, qu’elle frôle le fantastique ou l’érotisme. Mais il s’agit ici des deux premières nouvelles : l’auteur n’hésite pas à nous embarquer également dans les transports parisiens, nous fait voyager aux confins de Bucarest, de la Palestine, des États-Unis… dans un élan de mysticisme qui entrecroise subtilement les époques.

Treize

Irina possède un style particulier, rapide, incisif. Je l’imagine en voix off, un peu à la Klapisch ou à la Amélie Poulain, qui commente les images qu’elle nous met sous les yeux. Alors voilà, je me dis : ce sont de belles petites historiettes mais elles mériteraient pour certaines d’avoir droit à quelques pages de plus. Histoire de s’envoler vraiment et de creuser un peu plus profondément certaines références littéraires et les clins d’oeil complices auxquels elles font parfois allusion. Mais c’est là une envie personnelle : bien évidemment, tout le charme d’une nouvelle réside dans le fait qu’elle se termine souvent par ces points de suspension qui méritent qu’on s’interroge sans cesse sur la fin « véritable » de ce récit trop bref pour ne pas être frustrant…

Mention spéciale à l’épilogue de cette série – le treizième récit – qui possède une poésie toute particulière et qui, dans un point final parfait, clôt et assemble les morceaux du quotidien de ces hommes et de ces femmes anonymes.

Et puis pour finir, car personne n’en parle jamais et encore moins en numérique, mais je dois dire que j’aime beaucoup la couverture de ce livre, tout comme j’aime beaucoup les couvertures de tous les livres de cette maison d’édition que je vous invite à découvrir sans plus tarder ici.

Cette chronique est rédigée dans le cadre du Club des Lecteurs Numériques.

Un commentaire

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